Le groupe de défense des droits des mineurs de Winnipeg, Au delà des frontières (Beyond Borders), demande à la province et au gouvernement fédéral qu’une enquête soit lancée au Canada en vue d’une extradition de Peter Nygard au nom des femmes canadiennes qui ont porté plainte pour agression sexuelle contre lui.
Dix-sept des 46 femmes qui font partie d’un recours collectif contre Nygard à New York sont canadiennes. Leur procès comprend des allégations selon lesquelles Nygard a exploité un « réseau de trafic sexuel » et qu’il les a violées dans son manoir aux Bahamas.
Plus de 100 témoins ont fourni des informations sur les allégations d’agression sexuelle et de trafic de personnes contre Nygard. Aucune accusation pénale n’aurait été déposée contre Nygard pour les allégations d’agression sexuelle.
Au-delà des frontières a demandé au tribunal d’envisager l’extradition de Nygard après le dépôt au tribunal de documents alléguant que son ancien voisin aux Bahamas a recruté et payé des femmes pour faire de fausses déclarations. Nygard a maintes fois répété que cette affaire partait d’une dispute avec son ancien voisin des Bahamas.
Nygard, un homme d’affaires canadien, a grandi au Manitoba. Le siège de son entreprise de mode est situé à Winnipeg.
David Matas, conseiller juridique d’Au-delà des frontières, a envoyé la semaine dernière des lettres aux procureurs généraux du Canada et du Manitoba, ainsi qu’au ministre de la Justice afin qu’une enquête ouverte au Canada permettrait la tenue d’un procès criminel.
« Au Canada, nous avons des lois criminelles pour punir les gens qui commettent des crimes sexuels contre les enfants, même s’ils sont commis en dehors du Canada par un citoyen canadien », a déclaré Me Matas à Radio-Canada.
« Peter Nygard est Canadien, il n’est pas Américain ni Bahamien. Par conséquent, je pense qu’il incombe au Canada de faire l’investigation, » ajoute Me Matas.
Selon l’avocat, les citoyens canadiens peuvent être poursuivis pour des délits sexuels qui auraient été commis en dehors du Canada une fois que l’accusé est revenu au pays. Il estime que le Canada serait compétent pour traiter les allégations dans son propre système judiciaire.
Ian McLeod, un porte-parole du Ministère de la Justice du Canada, a déclaré par courriel au réseau CBC que le ministre de la Justice ne peut demander l’extradition que si la demande provient d’une autorité qui assumerait la responsabilité de poursuivre l’affaire au Canada.
« Les demandes du Canada à ses partenaires sont confidentielles et nous ne pouvons donc pas commenter si une demande particulière a été faite, à moins qu’un cas spécifique ne soit rendu public par les tribunaux », a écrit McLeod.
L’avocat de Nygard a contesté l’extradition sous prétexte qu’aucune charge pénale n’est retenue contre son client.
« Au-delà des frontières est très loin de la réalité, a déclaré l’avocat Jay Prober. On ne pose pas de questions sur l’extradition à moins qu’il n’y ait quelque chose qui justifie l’extradition. Il n’y a aucune charge contre Peter Nygard nulle part dans le monde. Il n’y a pas de charges criminelles, donc il n’y a rien qui justifie son extradition. »

Les victimes affirment que Nygard a utilisé ses relations dans l’industrie de la mode pour attirer « des enfants et des femmes jeunes, impressionnables et souvent pauvres » en leur promettant une carrière de mannequin ou de l’argent.
Selon les allégations du recours collectif relatif au trafic sexuel, un grand nombre des abus présumés ont eu lieu à Nygard Cay, un complexe construit par Nygard aux Bahamas dans les années 1980. Certaines des victimes présumées affirment avoir été détenues à Nygard Cay et n’ont pas pu partir sans la permission de Nygard. Certaines femmes affirment que leurs passeports leur seraient confisqués jusqu’à ce qu’elles aient des relations sexuelles avec Nygard.
Les victimes présumées affirment avoir été forcées à accomplir des actes sexuels « par un mélange de fraude, de coercition, de pression psychologique, de manipulation et de force physique ».
D’autres femmes ont par la suite divulgué des informations sur les prétendues agressions sexuelles de Nygard envers des jeunes femmes. Le recours collectif intenté à New York comprend actuellement des allégations provenant de 46 femmes au total.
Pensez-vous que Peter Nygard devrait être extradé au Canada pour être poursuivi au nom des femmes canadiennes qui ont déposé des allégations d’agression sexuelle contre lui ? Faites-nous part de votre opinion dans la section « Commentaires » ci-dessous !
Les demandeurs dans le procès de New York sont représentés par Greg G. Gutzler, Adam J. Levitt, Amy E. Keller, Mark A. DiCello, Robert F. DiCello, et Justin J. Hawal de DiCello Levitt Gutzler LLC et Lisa D. Haba du cabinet d’avocats The Haba Law Firm P.A.
Le recours collectif contre Peter Nygard est : Jane Does Nos. 1-10 v. Peter J. Nygard, et al., Case No. 1:20-cv-01288, devant la Cour de district des États-Unis du district sud de New York (District Court for the Southern District of New York).
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