La famille d’un homme de 28 ans de l’ĂŽle-Bizard, dĂ©cĂ©dĂ© lors d’une intervention policière après que ses parents aient appelĂ© le 911 en mars 2017, poursuit maintenant la Ville de MontrĂ©al et Urgences-SantĂ©.
L’annĂ©e dernière, le Procureur gĂ©nĂ©ral du QuĂ©bec a dĂ©cidĂ© qu’aucun des agents impliquĂ©s ne serait inculpĂ©. Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise Ă la suite d’une enquĂŞte effectuĂ©e par le Bureau des enquĂŞtes indĂ©pendantes (BEI).
La famille de Koray Kevin Celik, qui rĂ©clame 558 000 dollars, affirme que les agents ont utilisĂ© une force excessive pour restreindre Koray alors qu’il Ă©tait dĂ©jĂ retenu.
Ils ont nommĂ© Urgences-SantĂ© dans leur procès pour n’avoir prĂ©tendument pas rĂ©pondu Ă leur appel Ă l’assistance mĂ©dicale dans un dĂ©lai raisonnable. Ils affirment qu’il a fallu 30 minutes pour qu’une ambulance arrive. La famille pense qu’il aurait pu survivre si la rĂ©ponse mĂ©dicale Ă©tait arrivĂ©e plus tĂ´t.
« Les policiers lui ont attaché les mains dans le dos, il a été tourné au sol, sur le ventre, ils ont pressé sur lui avec les bottes, il a reçu des coups de pieds, il y a eu une lumière de flash. On criait et on pleurait en même temps. Ils ont été très efficaces à donner des coups, puis plus rien. Notre fils est mort », selon Cesur Celik, le père de Koray.
Le procès porte sur 10 000 dollars de dommages-intérêts, 150 000 dollars de dommages moraux pour chacun des parents de Koray, et 50 000 dollars chacun pour les deux frères de Koray.
De plus, la poursuite relative Ă l’intervention policière demande Ă la Ville de MontrĂ©al de verser 100 000 dollars en dommages punitifs, plus 27 000 dollars pour les frais funĂ©raires et 10 000 dollars pour les dĂ©penses encourues pour se rendre chaque jour sur la tombe de Koray.
« Nous rendons visite à notre fils tous les jours sur sa tombe, a déclaré le père de Koray à CBC.ca. Et je lui ai promis que je ferai tout ce que je peux avec sa mère et ses frères, pour que justice soit faite. »
Les frères de Koray n’auraient pas pu travailler depuis sa mort tragique et ils ajouteront probablement leur salaire perdu Ă l’indemnisation demandĂ©e dans le cadre du procès.
Les parents de Koray ont appelĂ© le SPVM aux premières heures du 6 mars 2017 parce que Koray Ă©tait prĂ©tendument en Ă©tat d’Ă©briĂ©tĂ© et voulait conduire. Il aurait consommĂ© de l’alcool et des analgĂ©siques qui lui avaient Ă©tĂ© prescrits Ă la suite de soins dentaires.
Lorsque la police est arrivĂ©e, les parents de Koray les ont informĂ©s qu’il n’Ă©tait pas armĂ©. Alors que les officiers s’approchaient de Koray, il aurait fait un « pas en avant » selon le procès. Des officiers l’auraient frappĂ© avec des matraques en mĂ©tal et l’auraient plaquĂ© au sol.

Le procès pour intervention policière allègue Ă©galement que les parents « ont observĂ© des flashs provenant d’un appareil dans la main d’un des agents qui a Ă©tĂ© poussĂ© contre le cĂ´tĂ© de Koray ».
Après que Koray eut cessĂ© de bouger, ses parents auraient Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s dans une autre pièce et auraient Ă©tĂ© « abusĂ©s verbalement » par un agent de police qui les y aurait retenus contre leur volontĂ© alors qu’ils criaient et essayaient de rejoindre leur fils.
Le BEI mène une enquĂŞte sur tous les cas oĂą une personne est blessĂ©e ou tuĂ©e au cours d’une opĂ©ration policière. Le BEI affirme que Koray a Ă©tĂ© agressif envers les officiers Ă leur arrivĂ©e et qu’il a refusĂ© de suivre leurs ordres.
Après l’avoir plaquĂ© au sol, les agents ont rĂ©alisĂ© qu’il Ă©tait inconscient et qu’il ne rĂ©agissait pas, selon le BEI. Les tentatives de rĂ©animation de Koray sur les lieux auraient Ă©chouĂ©.
Le bureau du Procureur gĂ©nĂ©ral affirme que le rapport final d’autopsie attribue la cause du dĂ©cès de Koray Ă un arrĂŞt cardio-respiratoire causĂ© par une intoxication. Le bureau a Ă©galement constatĂ© que l’usage de la force par les policiers Ă©tait justifiĂ© en vertu du Code criminel.
« Dans cette affaire, l’intervention Ă©tait lĂ©gitime et reposait principalement sur le devoir incombant Ă la police d’assurer la sĂ©curitĂ© des personnes », a dĂ©clarĂ© le bureau du Procureur gĂ©nĂ©ral du QuĂ©bec dans un communiquĂ©. « De plus, la force utilisĂ©e par la police n’Ă©tait pas susceptible de causer des blessures graves ou la mort. »
En rĂ©ponse Ă la dĂ©cision du ministère de ne pas porter plainte, le père de Koray dĂ©clare que celui-ci n’a pas tenu compte du tĂ©moignage de la famille. Il espère que sa famille aura enfin l’occasion de faire entendre sa version des faits au tribunal.
La famille a dĂ©posĂ© la plainte relative Ă l’intervention de la police comme un moyen de demander justice au nom de Koray et comme un moyen de faire changer l’usage de la force par le SPVM. Ils disent que les citoyens ne doivent pas avoir peur d’appeler leur police Ă l’aide.
« Pour Koray, peu de choses vont changer, a déclaré le père de Koray à CBC.ca. Au moins, si nous pouvons les faire changer un peu, et si nous pouvons empêcher un ou deux meurtres futurs, au moins nous ferons quelque chose de bien. »
Les parents de Koray ont intenté un procès indépendant contre le BEI.
Que pensez-vous de ce procès pour intervention policière ? Pensez-vous que l’usage de la force par les policiers Ă©tait justifiĂ© ? Faites-nous part de vos rĂ©flexions dans la section « Commentaires » ci-dessous !
Lisez plus sur les procès et les règlements :
Détaillants de meubles visés par un recours collectif
Recours collectif contre HP Canada alléguant un clavier défectueux
[legal_notice_french]
