
Toutefois, cette dĂ©cision pourrait Ăªtre modifiĂ©e dans l’attente de la suite de l’appel. Une audience sur l’appel est prĂ©vue pour le 9 juin.
Le litige porte sur l’Ă©crasement du vol 624 d’Air Canada en provenance de Toronto le 29 mars 2015. Il y aurait eu cinq membres d’Ă©quipage et 133 passagers Ă bord de ce vol.
Selon le rapport du BST, l’Airbus A320 « a sectionnĂ© des lignes de transport d’électricitĂ© avant de heurter le relief couvert de neige environ 740 pieds avant le seuil de piste ». L’avion aurait rebondi, a volĂ© Ă travers le rĂ©seau d’antennes de radioalignement de piste, puis a percutĂ© le sol Ă deux autres reprises avant de glisser sur la piste.
Selon les informations, 25 passagers ont dĂ» Ăªtre hospitalisĂ©s. Trois passagers ont intentĂ© un recours collectif pour obtenir une indemnisation pour les blessures physiques et/ou psychologiques qu’ils ont subies lors de l’accident.
Les avocats des demandeurs ont demandĂ© l’accès aux donnĂ©es des enregistreurs de conversations de poste de pilotage (CVR) , soutenant que le contenu Ă©tait au cÅ“ur du recours collectif des passagers.
Le BST a invoquĂ© la Loi sur le Bureau canadien d’enquĂªte sur les accidents de transport et de la sĂ©curitĂ© des transports, qui stipule que les « enregistrements de bord sont protĂ©gĂ©s ». Le BST fait valoir que cette loi interdit la communication des enregistrements de bord « dans toute procĂ©dure judiciaire, disciplinaire ou autre » et qu’elle ne permettrait donc pas de communiquer les donnĂ©es du CVR.
Le juge de la Cour suprĂªme de la Nouvelle-Écosse, Patrick Duncan, n’est cependant pas d’accord avec le BST, estimant que la dĂ©finition du « privilège » (« enregistrements protĂ©gĂ©s ») est limitĂ©e. Il a ordonnĂ© au BST de remettre les enregistrements et les transcriptions.
« La consĂ©quence nĂ©cessaire est que le BST peut, sous rĂ©serve de la loi, communiquer des contenus qui sont liĂ©s aux causes ou Ă l’identification de manquements Ă la sĂ©curitĂ©, a Ă©crit le juge dans son ordonnance. Dans les circonstances de cette affaire, l’intĂ©rĂªt public relatif Ă l’administration de la justice l’emporte sur l’importance du privilège lĂ©gislatif protĂ©geant l’enregistreur de conversations de poste de pilotage. »
Le BST a ensuite demandĂ© un sursis jusqu’Ă l’audience en appel prĂ©vue au 9 juin.
Le 6 fĂ©vrier, la juge Carole Beaton a accordĂ© le sursis, estimant que le BST pourrait souffrir d’un prĂ©judice irrĂ©parable si le sursis n’Ă©tait pas accordĂ© et que l’appel du BST Ă©tait finalement accueilli. Selon la juge Beaton, le BST subirait un prĂ©judice plus important si le sursis n’Ă©tait pas accordĂ© que celui que subiraient les passagers si le sursis Ă©tait accordĂ©.
La juge Beaton a citĂ© un affidavit de Jean Laporte, l’administrateur en chef des opĂ©rations du BST retraitĂ©, qui a averti que la divulgation des enregistrements avant qu’un appel ne soit statuĂ© pourrait compromettre les futures enquĂªtes du BST.
M. Laporte aurait dĂ©clarĂ© que le rapport du BST sur ce qui s’est passĂ© lors de l’accident fournit aux demandeurs toutes les informations dont ils ont besoin. Selon la juge Beaton, M. Laporte a estimĂ© que les informations contenues dans le rapport du BST leur permettraient « de reconstituer en dĂ©tail le vol et les Ă©vĂ©nements dans le cockpit, sans avoir besoin du CVR ».
Pensez-vous qu’il soit juste que le BST ne soit pas tenu de communiquer les enregistrements vocaux ou les transcriptions du vol 624 d’Air Canada ? Faites-nous part de votre opinion dans la section « Commentaires » ci-dessous !
Les demandeurs sont représentés par Me Raymond Wagner, QC et Me Joe Fiorante, QC.
Le recours collectif contre l’Ă©crasement du vol 624 d’Air Canada est : Kathleen Carroll-Byrne, et al. v. Air Canada, et al., Case No. HFX438657, devant la Cour suprĂªme de la Nouvelle-Écosse.
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