lawsuit filed after bullying

Quatre mères poursuivent une école privée du Québec et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, après que leurs enfants aient été intimidés à l’école.

L’une des mères qui intentent le procès, Sonia Grenon, se souvient de « l’enfer quotidien » de son fils à l’école primaire, où il a été victime de coups de poings, des menaces de mort et de l’intimidation continue à l’Académie des Sacrés-Coeurs, une école primaire privée de Saint-Bruno-de-Montarville.

Selon le Sécurité publique Canada, le terme « intimidation » désignait au départ des actes physiques comme frapper, ou donner un coup de poing ou un coup de pied. Il n’est pas surprenant de constater que la définition de l’intimidation a évolué avec le temps, à mesure que les chercheurs ont révélé que d’autres actes non physiques avaient des effets comparables sur les victimes. « Les torts causés par l’intimidation psychologique et verbale, ainsi que par l’exclusion sociale, sont maintenant reconnus, même s’ils ne font pas toujours partie intégrante de la définition ni du plan d’action de chacun. »

Poursuite révèle que l’intimidation est un problème répandu

« Une fois, des enfants se sont assis sur lui et ils lui ont mis le visage dans la neige. Il y a une éducatrice qui a été obligée de lever un des enfants, parce que mon fils étouffait », raconte Mme Grenon à Radio-Canada.

Elle affirme que l’Académie des Sacrés-Coeurs n’a rien fait pour résoudre la situation. C’est un autre parent qui l’a informée de ce qui se passait dans la cour de l’école.

Grâce à ces discussions, Mme Grenon a également réalisé que son fils n’était pas la seule victime des intimidations. Les enfants de Nancy Woods, Christine Gingras et Véronique Perreault ont également été victimes d’intimidation lors de leur passage à l’Académie.

Les quatre mères se sont regroupées en 2016 et travaillent ensemble depuis lors.

Les mères se battent pour mettre fin à l’intimidation

Au tout début du processus, les quatre mères ont demandé des excuses à l’école de leurs enfants.

Comme elles n’ont pas obtenu d’excuses, le groupe a fait appel au ministre de l’éducation, à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et même au Protecteur du citoyen.

« On est arrivées dans un cul-de-sac administratif. On constate un vide de gouvernance et on se dit [que] la seule option qui nous reste pour utiliser notre droit démocratique, c’est le recours judiciaire », explique Mme Perreault à Radio-Canada.

En l’absence de réponses, elles se tournent maintenant vers les tribunaux : les quatre mères ont intenté un procès contre l’Académie des Sacrés-Coeurs et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

« À chaque niveau de gouvernement, on se retrouvait avec le même constat : il y a peut-être des lois, mais dans certains cas elles ne sont pas appliquées », déplore Mme Grenon.

Une étude montre que l’intimidation a des conséquences à long terme

Selon les mères, même si des années ont passé, leurs enfants souffrent encore des conséquences néfastes de l’intimidation: anxiété, décrochage scolaire et désintérêt pour les études.

Au Québec, 15 % des élèves, soit 160 000 enfants, sont victimes d’intimidation récurrente, selon une étude menée par la Chaire de recherche Bien-être à l’école et prévention de la violence de l’Université Laval en 2017.

boy sitting on stairs cryingEn 2011, le suicide de Marjorie Raymond, 15 ans, a secoué le Québec. Son suicide a été jugé en partie dû à l’intimidation qu’elle subissait à l’école.

À la suite de cette tragédie, le gouvernement du Québec s’est empressé d’adopter une loi pour lutter contre l’intimidation et la violence en milieu scolaire.

Depuis 2012, les établissements d’enseignement privés doivent obligatoirement avoir un plan de lutte contre l’intimidation et la violence, mais ils ne sont pas soumis aux mêmes lois que les établissements publics. Par exemple, au privé, les parents ne peuvent pas faire appel au protecteur de l’élève associé à chaque centre de services scolaires.

En outre, des caméras de surveillance ont été installées dans de nombreuses écoles, et les ateliers de sensibilisation se sont multipliés.

Comme l’intimidation est répétitive par définition, elle peut avoir des effets très traumatisants et durables sur les enfants et les jeunes. Généralement, les garçons et les filles qui en sont victimes manifestent des symptômes de dépression (tristesse, perte d’intérêt dans leurs activités), des symptômes d’anxiété (tensions, peurs et craintes), perdent l’estime de soi et, parfois, sont plus agressifs, selon Sécurité publique Canada.

D’autres parents lancent des poursuites pour intimidation

La poursuite pour intimidation intentée par les quatre mères n’est pas la première du genre au Canada. En 2019, un père de Toronto a intenté un procès de 5,5 millions de dollars, alléguant que sa fille avait été injustement expulsée de son école, Havergal College, une école privée, après s’être plaint qu’elle était victime d’intimidation.

Un autre procès a été intenté contre la même école pour des problèmes d’intimidation en mai 2020, réclamant 38 millions de dollars de dommages et intérêts, après que l’école ait prétendument échoué à protéger une élève contre des intimidations et ait rejeté sa tentative de suicide comme « un stratagème ».

En Colombie-Britannique, la Crofton House School, une école privée pour filles, est également poursuivie par l’une de ses élèves pour son prétendu manque de réponse aux préoccupations concernant les intimidations et le harcèlement.

Avez-vous, vous ou votre enfant, été victime d’intimidation à l’école ? Des mesures ont-elles été prises pour mettre fin à ces intimidations ? Partagez votre histoire avec nous dans les commentaires ci-dessous !

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One thought on Des mères d’élèves d’une école privée entament des poursuites pour intimidation

  1. Marie Garant says:

    Ma fille de 6 ans vit de l’intimidation de la part de son enseignante parce que je l’ai questionné à la première rencontre de parents sur un atelier facultatif. Depuis, ma fille est mise à l’écart, reçoit un traitement différent de son enseignante, vit du rejet de la part de ses camarades de classe et elle m’exprime que les adultes ne la croient pas lorsqu’elle porte plainte à un surveillant qu’un autre enfant lui a fait mal. Elle ne veut plus aller à cette école, et elle est en première année! J’essaie de l’aider autant que je peux, en la guidant pour qu’elle s’exprime auprès de son enseignante, qu’elle se fasse entendre par les surveillants. Je tente de parler avec son enseignante, la communication est difficile, je n’ai pas de retour de mes courriels envoyés. Est-ce que vous pouvez m’aider? J’aimerais porter plainte pour les nombreux manquements de la part du personnel et de l’administration.

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