cigarette burned out due to risks of smoking regarding the Big Tobacco class action lawsuit

Un recours collectif revendiquant son infamie pour avoir Ă©tĂ© le plus long et le plus important recours collectif de l’histoire du Canada, la fameuse affaire contre les gĂ©ants du tabac, va sans doute constituer un prĂ©cĂ©dent historique pour des recours collectifs similaires dans le monde entier.

Me Gordon Kugler, avocat de longue date spécialisé dans les recours collectifs et basé à Montréal, donne aux lecteurs de Top Class Actions le scoop de cette affaire historique dans cette exclusivité.

Me Kugler : l’avocat qui s’est attaquĂ© aux gĂ©ants du tabac

Les trois plus grandes compagnies de tabac du Canada – Imperial Tobacco Canada, JTI-Macdonald Corp. et Rothmans, Benson & Hedges Inc. (RBH) – ont Ă©tĂ© la cible d’un recours collectif au QuĂ©bec, intentĂ© par le cabinet Kugler Kandestin et deux autres cabinets d’avocats.

Le recours collectif en matière de protection des consommateurs a Ă©tĂ© entamĂ© en 1998 au nom de quelque 100 000 victimes du tabagisme au QuĂ©bec qui ont reçu un diagnostic de cancer du poumon, de cancer de la gorge ou d’emphysème dĂ» au tabac.

En 2019, la Cour d’appel du QuĂ©bec a confirmĂ© la dĂ©cision rendue par la Cour supĂ©rieure en 2015, accordant environ 14 milliards de dollars aux fumeurs.

Le jugement concerne des recours collectifs qui ont été regroupés contre les filiales canadiennes de British American Tobacco, Philip Morris International et Japan Tobacco International.

Le chef d’accusation dans cette affaire : les gĂ©ants du tabac savaient depuis les annĂ©es 1950 que les cigarettes causaient le cancer et d’autres maladies, et n’ont pas averti les consommateurs de manière adĂ©quate.

MalgrĂ© la victoire Ă©crasante des consommateurs, l’industrie du tabac a rĂ©cemment demandĂ© la protection des crĂ©anciers, ce qui a mis le recours collectif en suspens. Selon les documents du tribunal de 2019, cette dĂ©marche serait une stratĂ©gie de retardement qu’Imperial Tobacco Canada planifie depuis 2015.

Kugler Kandestin, un acteur clĂ© dans cette affaire, est en pratique depuis près d’un siècle, spĂ©cialisĂ© dans les recours collectifs, entre autres spĂ©cialitĂ©s. Me Gordon Kugler, associĂ© principal du cabinet, est spĂ©cialisĂ© dans les domaines de la responsabilitĂ© mĂ©dicale, des recours collectifs, de la responsabilitĂ© professionnelle, de la responsabilitĂ© du fabricant, entre autres. Il pratique le droit depuis plus de 50 ans et a reçu plusieurs distinctions, dont une Ă©valuation du plus haut niveau (highest standing) dĂ©cernĂ©e par Martindale-Hubbell.

Le recours collectif contre les géants du tabac bat des records

Gordon Kugler

Me Kugler se souvient du tout dĂ©but de l’affaire, lorsque Me Bruce Johnston et Me Philippe Trudel embarquèrent Ă  bord le cabinet dans le recours il y a plus de 20 ans.

« Nous avons pris cette affaire parce que nous avions le sentiment que l’industrie du tabac nuisait aux consommateurs, explique l’avocat chevronnĂ©. Leurs dĂ©nĂ©gations sur le fait que les cigarettes causent le cancer Ă©taient creuses. »

Le recours collectif contre les fabricants de tabac est notoirement le plus long de l’histoire du Canada. Me Kugler explique cette Ă©preuve avec un humour de civiliste : « Ce n’est peut-ĂŞtre pas sympa, mais je le dirai quand mĂŞme. L’industrie du tabac a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e Ă  mettre de nombreux obstacles et barrières sur notre chemin. »

Selon Me Kugler, depuis les dĂ©buts du recours collectif, les gĂ©ants du tabac ont Ă©voquĂ© d’innombrables contestations judiciaires pour ralentir le processus. Par exemple, se souvient-il, « il y a eu 50 requĂŞtes distinctes Ă  la Cour d’appel du QuĂ©bec pour contester les dĂ©cisions provisoires prises par le tribunal infĂ©rieur. Ils ont essayĂ© et rĂ©ussi Ă  utiliser des tactiques qui ont en fait retardĂ© cette [affaire] ».

Kugler Kandestin, en collaboration avec deux autres cabinets d’avocats, a d’abord dĂ©posĂ© le recours collectif en 1998. Des annĂ©es plus tard, le juge Brian Riordan de la Cour supĂ©rieure du QuĂ©bec a conclu que l’industrie canadienne du tabac avait menti, dissimulĂ© la vĂ©ritĂ©, minimisĂ© et systĂ©matiquement banalisĂ© les risques sanitaires liĂ©s au tabac pendant plus de 50 ans, ce qui est connu sous le nom de « programme de dĂ©sinformation ».

Le « programme de dĂ©sinformation » de l’industrie du tabac

Pour reprendre les termes du juge Riordan de la Cour supĂ©rieure, le programme de dĂ©sinformation peut ĂŞtre rĂ©sumĂ© comme suit : « Il existait des preuves solides […] pour soutenir un lien de causalitĂ© entre les cigarettes et la maladie et il Ă©tait irresponsable de la part de l’industrie canadienne du tabac de tenter de dĂ©guiser cette Ă©pĂ©e de Damoclès. »

Il y a une autre facette du programme sinistre de dĂ©sinformation, et c’est la « connaissance cachĂ©e » de l’industrie du tabac concernant la dĂ©pendance. La Cour a citĂ© un rapport interne de 1976 prĂ©parĂ© par Michel DescĂ´teaux, directeur des relations publiques d’Imperial Tobacco Canada Ă  l’Ă©poque, qui a soulevĂ© en toute franchise la question de la dĂ©pendance au tabac.

« Un mot sur la dĂ©pendance. Pour une raison quelconque, les adversaires du tabac n’ont pas encore accordĂ© trop d’attention Ă  la dĂ©pendance du tabagisme. Cela pourrait devenir un problème très sĂ©rieux si quelqu’un nous attaquait sur ce front. Nous savons tous combien il est difficile d’arrĂŞter de fumer et je pense que nous pourrions ĂŞtre très vulnĂ©rables Ă  de telles critiques. »

La Cour supĂ©rieure a conclu que l’industrie du tabac connaissait le caractère addictif du tabagisme depuis les annĂ©es 1950.

Me Kugler note que le programme de dĂ©sinformation a Ă©voluĂ© au fil des ans. « Au dĂ©part, l’industrie prĂ©tendait qu’il n’y avait aucune preuve que fumer des cigarettes provoquait le cancer. Elle a affirmĂ© qu’elle menait des recherches et qu’elle informerait le public canadien de ces recherches lorsqu’elles seraient disponibles. » Cela fait rĂ©fĂ©rence Ă  un stade antĂ©rieur de la campagne de dĂ©sinformation, selon l’avocat qui a affrontĂ© les gĂ©ants du tabac.

« Mais nous savons que dès les annĂ©es 60, l’industrie savait qu’il y avait une relation de causalitĂ© entre le tabagisme et le cancer. Ils l’ont dissimulĂ© et ont dĂ©sinformĂ© le public et les gouvernements, ici et aux États-Unis, en disant que le tabagisme ne causait aucun danger. »

Finalement, le jeu de la dĂ©sinformation tourne : « Vers 2012, l’industrie du tabac a fait marche arrière et a publiĂ© sur son site Web que le tabagisme provoque effectivement le cancer. Lors de notre procès, se souvient Me Kugler, on a demandĂ© Ă  l’un des PDG des compagnies de tabac si les informations qui sont maintenant prĂ©sentes sur leur site Web Ă©taient connues dans les annĂ©es 60 et la rĂ©ponse a Ă©tĂ© oui. Ils ont fait le tour complet, du dĂ©ni Ă  l’admission. »

Recours collectif historique : une « énorme victoire pour les consommateurs »

Me Kugler est fier de son rĂ´le dans ce recours collectif historique. « Nous reprĂ©sentons environ 100 000 victimes qui ont souffert d’un cancer du poumon et d’autres cancers graves », dit-il.

Un autre aspect historique de l’affaire : il s’agit non seulement du recours collectif le plus long de l’histoire du Canada, mais aussi de la plus grosse somme accordĂ©e dans l’histoire judiciaire du pays, qui s’Ă©lève Ă  environ 14 milliards de dollars.

« Les dĂ©cisions de nos tribunaux de première instance au QuĂ©bec ont de nombreuses pages et raisons destinĂ©es Ă  montrer que les grandes entreprises qui nuisent aux gens font dĂ©libĂ©rĂ©ment passer les profits avant les consommateurs. C’est une Ă©norme victoire pour les consommateurs. »

man sick from smokingSelon l’avocat spĂ©cialisĂ© en recours collectifs, ce jugement signale aux grandes entreprises qu’elles ne peuvent pas « s’en tirer en causant un prĂ©judice au public dans l’intĂ©rĂŞt des profits ».

En fait, cette dimension du procès contre les gĂ©ants du tabac illustre l’objectif des recours collectifs. C’est l’essence mĂŞme des recours collectifs, explique Me Kugler. « Aucun individu qui cherche Ă  obtenir une compensation pour ce prĂ©judice ne peut se permettre de poursuivre de grandes entreprises comme l’industrie du tabac. Mais grâce Ă  un recours collectif, c’est possible. »

Et qu’en est-il du tracas que reprĂ©sente la participation Ă  un recours collectif ? Est-ce que cela en vaut la peine ? Sans aucun doute, s’exclame Me Kugler, en soulignant qu’il n’y a pas de « tracas » à se joindre Ă  un recours collectif.

« Au QuĂ©bec, personne n’est obligĂ© de se joindre Ă  un recours collectif. Au bout du compte, un avis sera publiĂ© pour dire que toute personne qui rĂ©pond Ă  certains critères […] n’a qu’Ă  remplir un formulaire. »

Soit dit en passant, si les procĂ©dures en vertu de la LACC n’avaient pas eu lieu, ajoute-t-il, faisant rĂ©fĂ©rence aux procĂ©dures en matière de faillite entreprises par les gĂ©ants du tabac qui paralysent le jugement du recours collectif quĂ©bĂ©cois, « et si le jugement au QuĂ©bec Ă©tait finalisĂ© et rĂ©glĂ©, chaque membre du groupe aurait droit Ă  300 000 $, ce qui n’est pas un montant nĂ©gligeable ».

Selon Me Kugler, les cabinets impliquĂ©s dans le recours contre l’industrie du tabac ont estimĂ© que ce recours collectif ne visait pas seulement Ă  indemniser les victimes. Il agit Ă©galement « comme un moyen de dissuasion » et « pour envoyer un message fort aux gouvernements, aux grandes entreprises et aux consommateurs que des comportements aussi rĂ©prĂ©hensibles que ceux de l’industrie du tabac sont non seulement inacceptables mais ne seront pas tolĂ©rĂ©s et seront lourdement sanctionnĂ©s devant les tribunaux. Et c’est ce dont nous sommes le plus fiers – c’est ce que nous avons accompli ! »

Le « David et Goliath » des recours collectifs

Pour employer un langage modeste, Gordon Kugler est « satisfait » de l’orientation prise par le procès de recours collectif contre les fabricants de tabac. « Je pense qu’au dĂ©but, ils n’ont jamais pensĂ© qu’un petit cabinet d’avocats de MontrĂ©al serait capable de les mettre Ă  genoux, et nous l’avons fait ! »

L’avocat chevronnĂ© croit que les cabinets qui ont intentĂ© ce recours collectif qui s’Ă©tend sur plusieurs dĂ©cennies ont rendu un grand service aux consommateurs et aux victimes du tabagisme.

« En tant qu’avocat, le procès et le processus d’appel ont Ă©tĂ© extrĂŞmement intĂ©ressants, fait-il remarquer. Le juge de première instance leur a vraiment donnĂ© du fil Ă  retordre, et en appel, ils Ă©taient d’accord avec le juge de première instance. »

Par exemple, le juge Riordan, en rĂ©fĂ©rence Ă  la question de la nature addictive du tabagisme, que les grands fabricants de tabac ont tentĂ© d’Ă©luder, a Ă©crit que l’industrie du tabac « a utilisĂ© la sĂ©mantique comme un moyen de contourner la vĂ©ritable question de l’identification des prĂ©judices que le tabagisme cause aux personnes qui sont dĂ©pendantes de la cigarette ».

Le juge a estimĂ© que la partie dĂ©fenderesse avait l’obligation « d’informer leurs clients » sur les dangers du tabagisme dont ils Ă©taient conscients. « Le fait de ne pas le faire dans ces circonstances constituerait une faute civile. »

« Notre affaire sert de prĂ©cĂ©dent dans le monde entier, commente Me Kugler, parce que le gros problème Ă©tait de prouver l’affaire. Mais maintenant, nous avons un jugement canadien qui est extrĂŞmement bien fait […]. Nous avons dĂ©jĂ  Ă©tĂ© contactĂ©s par des avocats de partout qui nous ont demandĂ© notre aide, que nous sommes plus qu’heureux de fournir. »

Avez-vous souffert de blessures dues au tabagisme ? Souhaitez-vous vous joindre au recours collectif contre les géants du tabac ? Racontez-nous votre histoire dans les commentaires ci-dessous !

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One thought on Les géants du tabac poursuivis en justice par un cabinet montréalais dans une affaire historique

  1. rejeanne beland says:

    ma mere est decedee du cancer du pounon il y a de xa 11 ans deja… a sa demande ne suis donc devenue aidante naturelle… regarde ma mere voir si elle respire et regarder chaque respiration.. pas facile du tout. je suis une victime… je suis devenue nerveuse, j’ai aussi connue des crises de panique. nuits blanches etc.
    ma marw est decedee dans mes bras, du cancer des piumons causé par le.cigarette
    la cigarette m’aura volĂ© 2 ans de ma vie.
    la cigarette m’a.pris ma.mere .

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